Pokémon Academy

Incarnez ici un étudiant, un professeur ou un habitant et créez votre équipe !
 

Partagez|

Toutes les statues n'essaient pas de vous tuer. [Solo | Capture]

avatar
Morland F. Puissant
Messages : 89
Nombres de Rp : 67
Date d'inscription : 18/10/2015

Feuille de personnage
Vos Pokémon:
Vos Objets:
Argent: 12 400$
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Toutes les statues n'essaient pas de vous tuer. [Solo | Capture]  Lun 4 Jan - 22:38

L'herbe s'étendait loin à l'horizon, oscillant doucement sous la brise aux effluves printanières qui annonçait la venue d'une nouvelle saison aux couleurs chatoyantes.
L'hiver ne semblait pas décidé à s'en aller pour autant, recouvrant le ciel de son voile gris et mélancolique ; le contraste du triste et du jovial donnait à la scène un air vaguement bucolique, un peu rêveur mais un peu triste.

Morland se servait de sa main comme d'une visière, un pied plus avancé que l'autre sur l'étendue herbeuse ; ses rangers brunes s'enracinaient dans le sol avec l'assurance de l'exploratrice se délectant devant une nature calme et picturale. Cette fois, pas de travail à rendre, ni de quelconque contrainte : Morland sortait pour le pur plaisir de voir l'extérieur, et de tenter de déceler d'autres mondes, dans l'ombre de l'horizon grisonnant.

Pas de Pokémon, pas de bagages contraignants. Juste elle, la chercheuse un peu rêveuse, et tout le reste. C'est beau, l'illusion de la liberté, non ?

Morland n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle comptait faire aujourd'hui, de la direction qu'elle emprunterait. Elle faisait tout à l'instinct. Libre-arbitre total.
L'adolescente parcourut lentement les prairies, absolument seule dans cet océan de verdure ; elle prit le temps de s'allonger dans l'herbe, de s'imaginer un zoo à partir de nuages ; elle s'aventura à la lisière de la forêt, avant de jeter un rapide coup d'oeil à ce sanctuaire qu'elle aimait tant tout en le craignant absolument.

Dans la bâtisse, le Tengalice dormait paisiblement. Le gardien de ce temple, de par son sommeil, permit à Morland d'effleurer du bout des doigts les parois de ce superbe vestige du passé ; à chaque fois, le contact avec la paroi rocheuse la faisait frissonner. Elle aurait tant voulu en savoir plus sur ces anciennes civilisations. Ces peuples qui ont laissé derrière eux une technologie mystérieuse, des espèces, des mécanismes et des objets résistants sans le moindre mal aux millénaires.

C'est comme si l'Humanité avait fait marche arrière, incapable de comprendre la technologie d'un temps révolu il y a de cela des milliers d'années. Morland se trouvait bien bête, à s'étonner de tout, alors que ce peuple d'avant devait probablement pouvoir réaliser n'importe quoi.

La jeune fille quitta le sanctuaire pour faire un tour du côté des grottes. Elle chercha une entrée plus accessible que celle de la dernière fois- ses pieds lui diraient merci. Tandis que la chercheuse marchait le long de la montagne pour trouver une cavité exploitable, son regard tomba rapidement sur une énorme fissure, qui semblait être de main humaine. La roche était gravée de quelques symboles aux trois-quarts effacés, et ornée de décorations soignées et respectueuses de l'environnement dans lequel elles prenaient place. Comme une tache de café sur un CV, comme le truc bien gros, bien laid, qu'on peut pas louper, un panneau indiquait la venue antérieure d'archéologues dans la caverne, ou un truc comme ça.

Soyez précautionneux et n'abîmez en aucun cas ce lieu potentiellement important pour notre patrimoine historique.

Ouais, connard. Sois déjà précautionneux en ne clouant pas ton vieux panneau pourri sur des symboles ancestraux.
La nature humaine, toujours le même problème.

Morland arrêta de maugréer et alluma son petit briquet Lairon Man avant de s'aventurer dans la caverne. Contre toute attente, le gadget éclaira plutôt bien les lieux sombres, probablement de par sa flamme large, générée grâce à des procédés électroniques.
Sur les murs de la grotte, forcément, reposaient plein de dessins des civilisations antiques, tout ça. En étant très attentif, on pouvait entendre la respiration de quelques Pokémon souhaitant se faire discrets et totalement inoffensifs. Morland loua le ciel de ne pas avoir placé une créature hostile sur son chemin ; enfin une promenade paisible.

La demoiselle continua donc à tourner autour de l'endroit, sans but précis, pour le simple plaisir de la découverte.

Sauf que.

Sauf qu'à un moment, elle trébucha soudainement sur quelque chose, un rebord, une cavité ; dans sa chute, s'attendant à juste retomber sur le sol, l'infortunée fut très surprise de constater que son bras s'enfonçait plus bas que prévu, s'écorchant sur une surface rugueuse et polie. Souffrante à la cheville et au poignet, Morland tenta de se relever à grand-peine, ne faisant que tomber de plus belle dans cette cavité découverte, qui s'avéra être un escalier menant vers les profondeurs de la caverne.

Surprise, tout était éclairé.
Des flambeaux offraient à la salle souterraine une lueur chaude et rassurante : encore heureux, parce que le contenu du contenant l'était moins.
Plein, plein de statues : des petites, des grandes, toutes représentant la même chose. Elles étaient extrêmement bien conservées et revêtaient l'apparence de golems inquiétants.
Sonnée par cette découverte, notre chercheuse hésitait fortement entre faire un tour et sortir rapidement de cet endroit. Elle décida de faire un compromis en ne parcourant la pièce qu'une fois. Enfin, ça, c'est en théorie.

En réalité, alors que les pas de l'étudiante résonnaient sur le sol rocheux, sa curiosité presque malsaine la poussa à s'approcher à pas lents de l'une des étranges statues. Peu courageuse, Morland s'était dirigée vers la plus petite, pas trop loin de la sortie. Elle l'examina sous toutes ses coutures, la mesura, s'assit de longues minutes pour la regarder.

Finalement, Morland décida de partir.
Elle se releva, jeta un dernier regard à l'étrange objet. Comme si, en quelque sorte, elle s'était attachée à lui.

Alors que la chercheuse s'apprêtait à remonter l'escalier, un bruit insolite se fit entendre et emplit la salle de son écho puissant. Glacée jusqu'au sang, Morland n'osa pas se retourner, ni bouger.
Tétanisée. Terrorisée.

Il sembla que quelque chose interagissait avec le sol. Un son fort, de pierre qui se brise, de pas surnaturels, retentissait. Puis, plus rien.
Une minute, deux, trois passèrent.

Morland se retourna ; rien n'avait changé. Sauf deux choses.

Sur le sol était gravé un mot : derrière la gravure, une statue reposait. Celle que l'adolescente observait il y a de cela dix minutes.

Celle-ci s'approcha, ne sachant que dire. Elle lut le mot écrit. L'écriture était ancienne mais cependant déchiffrable :


Même si la réponse semblait évidente, Morland se demandait si ces mots provenaient de la statue. Pourquoi une statue bougerait-elle ? Ça semblait surréaliste. Le regard de l'adolescente alla des lettres à l'étrange chose. Peut-être que...

> Emet ?

Le même bruit qu'avant retentit : celui d'un système se mettant en marche. La statue se mit à luire, son regard brillant braqué sur Morland. Celle-ci, désarçonnée, tomba en arrière, se protégeant par réflexe lâche.

La créature s'approcha, piétinant sa gravure. Elle tendait les bras en braquant son regard lumineux vers la chercheuse ; Morland essaya de reculer, toujours au sol. Elle ne comprenait pas ce qui se passait ni comment elle était censée réagir : naturellement, son tempérament reprenait le dessus et la fuite semblait être la meilleure option.

Tout à coup, la chose se stoppa. Morland crut déceler un éclat de peine dans ses yeux mystiques. Elle ne savait que dire. Mais avait honte de elle : peu à peu, dans son esprit, une évidence s'imposait. Ce truc, quel qu'il soit, était inoffensif. Inoffensif et terriblement solitaire.
L'adolescente se rapprocha en tremblant, avant de prononcer Emet une fois de plus, d'une voix hésitante. Un éclat nouveau brilla dans le regard du personnage de pierre. Emet. Ce devait être son nom.

Depuis combien de temps attends-tu qu'on te remarque, Emet ?, pensa Morland. Cette statue était légèrement fissurée par endroits et un peu de poussière recouvrait le dessus de son corps d'argile. Ce truc semblait si ancien que la citadine doutait même qu'il puisse comprendre son langage... Il avait après tout écrit dans un alphabet antique. Heureusement que ces lettres ressemblaient à celles que nous utilisons quotidiennement de nos jours.

Morland décida qu'elle ne pouvait pas laisser cette créature derrière elle. Il était inconcevable qu'un être aussi sensible se fasse examiner en long, en large et en travers par des scientifiques irrespectueux.

L'adolescente fit quelques pas ; remarquant que le golem ne la suivait pas, elle se rapprocha de nouveau de ce dernier.
Emet la fixait sans dire quoi que ce soit. Au bout d'un moment, la statue vivante tendit son bras, et frôla celui de l'exploratrice aux cheveux blancs. Il finit par lui prendre la main après ce qui avait paru être un temps d'hésitation, et sembla attendre que Morland se mette en marche pour la suivre.

Perturbée par ce comportement, la chercheuse ne réagit pas tout de suite ; finalement, elle se décida à avancer vers la sortie, main dans la main avec la créature de glaise.
En se retournant avant de prendre l'escalier, la jeune fille aurait juré que plusieurs autres statues avaient bougé : la plupart reposaient maintenant immobiles, comme en plein milieu d'une révérence d'adieu.

Une fois à l'air libre, Emet parut époustouflé par l'extérieur. Il n'était probablement plus sorti depuis extrêmement longtemps. Il paraissait impossible à Morland que ce Pokémon soit resté aussi longtemps immobile, sans maître. Il y a forcément dû avoir à un moment ou à un autre des humains venus s'occuper de lui. La demoiselle était vraiment très intéressée par le passé de ce qui semblait être son nouveau partenaire et ne voyait qu'une façon d'en savoir plus à ce sujet : lui apprendre à écrire.

En effet, si Emet avait été capable de graver son nom au sol, il devait être assez intelligent pour manier un crayon et utiliser un alphabet et une langue modernes. Morland trouvait passionnante l'idée d'étudier les capacités d'apprentissage d'un spécimen aussi ancien, et se disait que cela ferait un sujet de recherche fantastique. De plus, elle n'était pas si dérangée par la proximité inédite que Emet imposait entre elle et lui : d'habitude si distante, elle n'avait d'autre choix que d'entrer directement en contact avec le golem de par la volonté de celui-ci à prendre l'humaine par la main.

Le soir venu, c'est avec la créature de glaise que Morland pénétra de nouveau dans sa chambre. Le Pokémon semblait déstabilisé par l'état du monde dans lequel il se trouvait, et était resté là à contempler chaque objet contemporain pendant de longues minutes. Chaque écran, chaque ordinateur, chaque lampe.

Morland avait décidé de le laisser tranquille en cette fin de journée, et s'était remise à ses études tandis que son Mélo tournait autour du nouveau venu en couinant, et que Nagel reniflait cette nouvelle odeur d'un air circonspect. L'antique statue avait l'air perturbé par autant d'attention, mais l'éclat éblouissant de la lumière qui parcourait ses fissures témoignait de sa joie et de sa gratitude.

Notre chercheuse, le couvant discrètement du regard depuis son bureau, était heureuse d'avoir pu offrir à Emet une nouvelle famille, le temps d'une vie humaine.

Spoiler:
 

Toutes les statues n'essaient pas de vous tuer. [Solo | Capture]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Colin ☾ -En tout cas, ils peuvent me tuer, je ne parlerai pas. -Mais moi non plus! Ils peuvent vous tuer, je ne parlerai pas! -Ah, je savais qu’on pouvait compter sur vous.
» Je peux vous tuer ? ♫ - Skan Shinikage [FINIE]
» Un jeu pokemon avec toutes les régions, ça vous tenterait ?
» Statues d'Indiens
» Et vous, vous ecoutez quoi souvent?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pokémon Academy :: LES ALENTOURS DE L'ÉCOLE :: La Montagne :: Chaînes de Grottes-